
L'état des risques et pollutions
C'est la pièce du dossier dont le régime surprend le plus : elle n'est due que dans une partie des communes, elle ne repose sur aucune visite du bien, et la loi n'exige d'aucune certification celui qui l'établit. Elle vaut pourtant à la vente comme à la location, elle vaut pour les terrains nus, et elle porte en plus la déclaration des sinistres indemnisés. Cette page dit dans quels cas elle est due, d'où viennent les informations qu'elle reprend, ce qui la rend contestable, et ce qu'il faut vérifier lorsqu'on vous en remet une.
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- Jusqu'à quand il vaut
- Six mois
- Six mois, et le texte demande en outre qu'il soit actualisé si les informations qu'il porte ne sont plus exactes à la date de la signature. Un plan de prévention approuvé, un secteur d'information sur les sols créé ou un arrêté de catastrophe naturelle publié depuis son établissement le rendent incomplet avant même ce terme. Lorsque le délai s'allonge entre la promesse et la signature, le reprendre coûte peu et referme le risque le plus courant du dossier. Code de l'environnement, article R125-25, version en vigueur du 1er janvier 2023.
- Qui a le droit de l'établir
- Le vendeur ou le bailleur, ou toute personne qu'il mandate
- Aucune certification de personne n'est exigée pour cette pièce, contrairement aux constats techniques du même dossier. Le certificat d'un diagnostiqueur prouve sa compétence sur les constats pour lesquels il est certifié ; il ne couvre pas celui-ci, et la responsabilité de l'information reste sur le vendeur ou le bailleur.
Ce que le droit exige, selon l'opération
- À la venteÀ confirmerLe zonage se lit à l'échelle de la commune, et la pièce est retenue.Code de l'environnement, article L125-5, version en vigueur du 1er janvier 2025 ; Code de la construction et de l'habitation, article L271-4, version en vigueur du 11 avril 2024
- À la locationÀ confirmerLe zonage se lit à l'échelle de la commune, et la pièce est retenue.Code de l'environnement, article L125-5, version en vigueur du 1er janvier 2025 ; Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3, version en vigueur du 1er janvier 2023
- Avant travauxNon exigéCette opération n'appelle pas cette pièce.Code de l'environnement, article L125-5, version en vigueur du 1er janvier 2025
L'état des risques et pollutions recense, pour un bien précisément situé, les risques auxquels sa commune est exposée selon les zonages arrêtés par l'autorité publique : plans de prévention des risques naturels, miniers ou technologiques, prescrits ou approuvés, zone de sismicité, potentiel radon, et secteur d'information sur les sols lorsqu'il en existe un. Il dit si la parcelle se trouve dans un périmètre, et quelles prescriptions y sont attachées.
Il n'est pas une expertise du bâtiment. Personne ne sonde les murs, ne mesure quoi que ce soit sur place, ne se prononce sur la solidité de la construction ni sur son comportement en cas de séisme ou d'inondation. Le document reprend une information publique, la localise à l'adresse du bien, et la met sous les yeux de l'acquéreur ou du locataire avant qu'il s'engage. Confondre les deux est la source de la plupart des déceptions : un bien situé en zone d'aléa fort n'est pas un bien déclaré dangereux, c'est un bien dont l'acheteur a été informé.
Ce qu'il engage tient à cette information. Un acquéreur ou un locataire qui n'a pas reçu le document, ou qui l'a reçu incomplet, dispose de recours à l'égard de celui qui devait le lui remettre. La responsabilité pèse sur le vendeur ou le bailleur, y compris lorsqu'un professionnel a rempli le formulaire pour lui : c'est une différence de fond avec les constats certifiés, où la responsabilité de l'erreur technique se déplace vers celui qui a constaté.
Les communes concernées, et celles qui ne le sont pas
Le document n'est pas dû partout. Il l'est dans les communes couvertes par un plan de prévention des risques naturels, miniers ou technologiques, prescrit ou approuvé, dans celles situées dans une zone de sismicité définie par voie réglementaire, dans celles classées au titre du potentiel radon, et pour les biens situés dans un secteur d'information sur les sols. Hors de ces cas, aucune pièce de ce type n'entre au dossier, et un professionnel qui vous en facturerait une vous vend un formulaire vide.
Savoir dans quel cas se trouve un bien ne relève pas de l'appréciation. L'arrêté préfectoral qui institue l'obligation dans un département liste les communes concernées et les documents à annexer ; il se consulte auprès des services de l'État et de la mairie, qui tiennent aussi les cartographies. C'est ce même arrêté que reprend tout intervenant sérieux, et c'est lui qu'il faut pouvoir citer si le contenu du document est discuté.
Le périmètre bouge. Un plan prescrit puis approuvé, un secteur d'information sur les sols créé, une révision du zonage sismique modifient la situation d'une commune sans que le propriétaire en soit averti. Une commune hier hors champ peut y entrer, et un document établi avant le changement ne le reflète pas. C'est la raison pour laquelle la date d'établissement figure au premier rang de ce qu'il faut regarder sur un document qu'on vous remet.
Un document que la loi n'assortit d'aucune certification
Il faut le dire simplement, parce que le contraire se laisse souvent croire : aucune certification de personne n'est exigée pour établir cette pièce. Le vendeur ou le bailleur peut la remplir lui-même à partir des informations mises à disposition par le préfet. Beaucoup la confient au professionnel qui vient déjà pour les constats certifiés du même dossier, par commodité, et c'est parfaitement licite ; mais le certificat de ce professionnel ne couvre pas ce document, et son assurance ne le garantit pas de la même manière.
Ce que cela change pour vous est net. La responsabilité de l'information reste sur le vendeur ou le bailleur : c'est à lui que l'acquéreur ou le locataire s'adressera si un zonage a été omis. Ce qu'il faut donc vérifier n'est pas un numéro de certification, mais la date des données reprises, la présence de tous les zonages qui concernent la commune, et la mention de l'arrêté préfectoral dont le document se réclame. Un intervenant qui vous fournit ces trois éléments vous met en position de répondre ; un formulaire anonyme et non daté vous laisse seul.
Du zonage préfectoral à la feuille annexée à l'acte
La matière première est publique. Le préfet arrête, pour chaque département concerné, la liste des communes et les documents auxquels le public a accès : cartographies des plans de prévention, périmètres d'exposition, zonage sismique, classement au titre du potentiel radon, secteurs d'information sur les sols. Établir l'état des risques consiste à localiser le bien dans ces documents et à transcrire le résultat sur un formulaire, sans rien y ajouter de personnel.
Aucune visite n'est nécessaire, et c'est un point d'attention plutôt qu'une facilité. Puisque le bien n'est pas vu, tout repose sur l'exactitude de sa localisation : une adresse imprécise, une parcelle mal reportée, un bâtiment situé à cheval sur une limite de périmètre suffisent à produire un document faux tout en paraissant complet, et personne ne s'en apercevra avant que le sujet devienne litigieux. Demander l'extrait cartographique avec la parcelle repérée est le moyen le plus direct de vérifier ce point.
Le formulaire dit aussi ce qui n'est pas là. L'absence d'un bien dans un périmètre est une information au même titre que sa présence, et elle doit être écrite : une case laissée vide ne prouve rien, ni pour l'acquéreur ni pour le vendeur. Un document dont plusieurs rubriques sont muettes n'est pas un document favorable, c'est un document incomplet.
Les défauts qui se retournent contre le vendeur sont toujours les mêmes : un extrait de zonage antérieur à la dernière révision, un plan prescrit après l'établissement du document, une commune récemment classée dont le classement n'apparaît pas, une déclaration de sinistres oubliée. Aucun ne se voit à l'oeil sur la feuille remise ; tous se voient en comparant la date du document à celle de l'arrêté préfectoral en vigueur.
Gratuit, sans engagement, et la certification de chacun est vérifiable.
Déclarer les sinistres indemnisés au titre d'une catastrophe reconnue
Le même document porte une seconde obligation, distincte de la première et souvent négligée : le vendeur ou le bailleur déclare les sinistres subis par le bien qui ont donné lieu au versement d'une indemnité au titre d'une catastrophe naturelle ou technologique reconnue, pendant la période où il a été propriétaire, et ceux dont il a été informé pour la période antérieure. Inondation, sécheresse ayant provoqué des mouvements de terrain, glissement, accident industriel : ce sont ces événements que la déclaration vise.
Il s'agit d'une déclaration, pas d'une expertise, et elle engage celui qui la signe. Personne ne peut la faire à sa place, pas même le professionnel qui remplit le reste du formulaire, puisque lui ignore l'histoire du bien. Une omission se découvre facilement plus tard, par les archives de l'assurance ou par les arrêtés publiés pour la commune, et elle fournit à l'acquéreur un argument sérieux. Déclarer un sinistre indemnisé et réparé n'a jamais fait échouer une vente ; le taire l'a fait.
Terrains non bâtis, promesses et baux
La pièce s'annexe à la promesse de vente comme à l'acte authentique, et elle s'annexe également au contrat de location, dans les mêmes communes et selon les mêmes règles. Ce dernier point est régulièrement oublié : un bailleur qui remet le dossier de diagnostic technique complet mais omet l'état des risques laisse son locataire sans l'information que la loi lui destine, et s'expose au même titre qu'un vendeur.
Elle vaut également pour les terrains non bâtis. Un terrain à bâtir situé dans le périmètre d'un plan de prévention, dans une zone de sismicité ou dans un secteur d'information sur les sols porte le document au même titre qu'une maison, alors même qu'il n'y a rien à visiter. C'est cohérent avec ce que la pièce est : une information sur l'endroit où l'on achète, et non un constat portant sur une construction.
En pratique, l'ordre des opérations compte. Obtenir le document avant la promesse, et non entre la promesse et la signature, laisse le temps de vérifier la commune, de réunir les extraits cartographiques et de renseigner la déclaration de sinistres sans précipitation. Si le délai s'est allongé, le reprendre avant l'acte est le geste le moins coûteux du dossier.
Ce que le document doit porter
- L'adresse du bien et sa localisation parcellaire, assez précises pour que la position au regard de chaque périmètre soit vérifiable.
- Chacun des zonages qui concernent la commune, avec l'indication de la présence ou de l'absence du bien dans le périmètre correspondant.
- Les prescriptions de travaux déjà exécutées ou restant à exécuter lorsqu'un plan de prévention approuvé en impose au bien.
- La déclaration des sinistres indemnisés au titre d'une catastrophe reconnue, signée par le vendeur ou le bailleur, et les extraits cartographiques qui appuient le tout.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Faut-il être certifié pour établir un état des risques ?
Non, et aucune autre pièce du dossier n'est dans ce cas. La loi n'exige aucune certification de personne pour ce document : le vendeur ou le bailleur peut le remplir lui-même à partir des informations mises à disposition par le préfet. Beaucoup le confient au professionnel qui vient pour les constats certifiés, ce qui est licite, mais son certificat ne couvre pas cette pièce. La responsabilité de l'information reste sur celui qui doit la remettre.
Mon bien est-il concerné si ma commune n'a aucun plan de prévention ?
Peut-être, car d'autres zonages que les plans de prévention déclenchent l'obligation. Une commune sans plan peut être située dans une zone de sismicité définie par voie réglementaire, être classée au titre du potentiel radon, ou comporter un secteur d'information sur les sols. Chacun de ces cas rend le document dû. La liste des communes concernées et des documents à annexer figure dans l'arrêté préfectoral du département, consultable auprès des services de l'État et de la mairie.
Le document doit-il être remis au locataire comme à l'acquéreur ?
Oui. L'état des risques s'annexe au contrat de location au même titre qu'à la promesse et à l'acte de vente. L'oubli est fréquent chez les bailleurs qui pensent le document réservé aux transactions. Un locataire qui ne l'a pas reçu dispose de recours contre son bailleur, et l'information lui est due avant la signature du bail, pas au moment de l'état des lieux.
Un état des risques établi il y a plus d'un an est-il encore utilisable ?
Non. Le document doit avoir été établi depuis moins de six mois lors de la première visite du bien, et il doit être actualisé si les informations qu'il porte ne sont plus exactes le jour de la signature. Un an le place très au-delà : reprenez-le avant de signer. Regardez ensuite ce qui a changé depuis, car un plan de prévention approuvé, une révision du zonage ou un arrêté de catastrophe naturelle publié entre-temps rendent incomplet un document même récent, et un document incomplet ne protège pas celui qui l'a remis.
Que se passe-t-il si un zonage a été omis dans le document remis ?
L'acquéreur ou le locataire qui découvre l'omission peut s'en prévaloir contre celui qui devait l'informer, c'est-à-dire le vendeur ou le bailleur, et non contre le professionnel qui a rempli le formulaire, sauf faute démontrée de celui-ci. Les suites vont de la renégociation à des actions plus lourdes selon l'importance de ce qui a été tu. C'est pourquoi il vaut mieux vérifier soi-même la liste des zonages de sa commune avant de signer.
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