
L'état de l'installation intérieure de gaz
Il ne regarde ni le compteur, ni la conduite qui alimente l'immeuble : il commence à ce qui vous appartient, depuis l'organe de coupure jusqu'aux appareils raccordés. Ses conclusions sont classées par gravité, et la plus élevée conduit le professionnel à interrompre l'alimentation sur place, le jour même. Voici quelle certification la loi exige de celui qui l'établit, ce que le rapport doit porter, et pourquoi ce constat ne remplace pas l'entretien annuel de votre chaudière.
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- Jusqu'à quand il vaut
- Trois ans à la vente, six ans au bail
- Trois ans, comptés par rapport à la promesse et à l'acte. Une modification de l'installation depuis la visite le rend inexact avant ce terme, même si la date affichée n'est pas atteinte. Six ans, soit le double de ce que la même pièce vaut pour une vente. C'est l'une des confusions les plus coûteuses d'un dossier repris d'une opération à l'autre, et elle joue dans les deux sens. La date tombe par ailleurs d'elle-même dès que l'installation change : un appareil remplacé, une extension du réseau intérieur, une intervention consécutive à une anomalie relevée. Code de la construction et de l'habitation, article D271-5, version en vigueur du 1er septembre 2019 ; Décret n° 2016-1104 du 11 août 2016, article 3.
- Qui a le droit de l'établir
- Un diagnostiqueur titulaire de la mention de certification gaz
- La certification est individuelle : elle vaut pour la personne qui se déplace et qui signe, non pour l'entreprise qui adresse la facture. Demandez le nom porté sur le certificat, et comparez-le à celui du professionnel présent le jour de la visite.
Ce que le droit exige, selon l'opération
- À la venteÀ confirmerL'âge de l'installation n'est pas renseigné.Code de la construction et de l'habitation, article L134-9, version en vigueur du 1er juillet 2021 ; Code de la construction et de l'habitation, article L271-4, version en vigueur du 11 avril 2024
- À la locationÀ confirmerL'âge de l'installation n'est pas renseigné.Code de la construction et de l'habitation, article L134-9, version en vigueur du 1er juillet 2021 ; Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3, version en vigueur du 1er janvier 2023
- Avant travauxNon exigéCette opération n'appelle pas cette pièce.Code de la construction et de l'habitation, article L134-9, version en vigueur du 1er juillet 2021
L'état de l'installation intérieure de gaz est un constat de sécurité. Il décrit, à la date de la visite, l'état des tuyauteries fixes, des raccordements d'appareils, de la ventilation des locaux où ces appareils fonctionnent et de l'évacuation des produits de combustion, et il signale ce qui présente un risque pour les occupants.
Il n'est ni un contrôle de conformité, ni une garantie de bon fonctionnement. Une installation ancienne peut ne plus répondre aux règles de pose actuelles sans être dangereuse, et le constat ne le lui reproche pas : il cherche le risque, pas l'écart à la norme du jour. À l'inverse, une installation récente peut donner lieu à une anomalie grave si un appareil a été raccordé de travers ou si une aération a été condamnée.
Ce qu'il engage est direct. Le rapport est remis à l'acquéreur ou annexé au bail, il informe celui qui va vivre là de ce qui a été relevé, et il fait courir les délais de correction. Lorsqu'un danger immédiat est constaté, le document ne se contente pas d'informer : l'alimentation de la partie concernée est coupée avant que le professionnel ne reparte.
Là où s'arrête le réseau du distributeur, et où commence le vôtre
Le constat porte sur l'installation intérieure, c'est-à-dire sur ce qui se trouve après l'organe de coupure générale du logement. Tout ce qui est en amont, la conduite d'immeuble, le branchement, le compteur, appartient au distributeur et relève de son entretien : le professionnel qui vient chez vous ne le contrôle pas, et il n'a pas à en répondre.
Ce qu'il examine, en revanche, est large : les tuyauteries fixes et leur étanchéité, les raccordements des appareils, la ventilation des locaux où ils fonctionnent, et l'évacuation des produits de combustion. Un chauffe-eau parfaitement entretenu, placé dans une pièce dont la grille d'aération a été bouchée, donnera lieu à une anomalie, parce que c'est l'ensemble qui fait la sécurité et non l'appareil seul.
Il n'entre pas non plus dans le fonctionnement des appareils. Le professionnel ne dit pas si votre chaudière chauffe bien ni si son rendement est correct : il dit si son raccordement, son alimentation et son environnement présentent un risque. La distinction paraît formelle jusqu'au jour où un vendeur croit avoir fait vérifier sa chaudière parce qu'il a fait établir ce constat.
Le champ du texte est enfin limité aux logements. Un local professionnel équipé au gaz relève d'autres régimes de contrôle, propres à son activité, et ne se traite pas avec cette pièce. Pour un bien mixte, seule la partie à usage d'habitation est visée, et le rapport doit dire ce qu'il a couvert.
Un installateur ne remplace pas un professionnel certifié
L'état se fait par un diagnostiqueur titulaire de la mention de certification correspondante, délivrée après examen par un organisme lui-même accrédité par le Comité français d'accréditation. C'est une certification de personne : elle ne s'attache pas à l'entreprise qui facture, elle s'attache à celui qui vient et qui signe, et elle porte une date de fin de validité.
L'installateur qui a posé votre chaudière, l'entreprise qui l'entretient chaque année, le plombier qui a repris une soudure ne sont pas, de ce seul fait, habilités à établir ce constat. Ils peuvent l'être par ailleurs, s'ils détiennent la mention ; ils ne le sont pas parce qu'ils connaissent l'installation. La confusion est fréquente, et elle produit des rapports qu'un acquéreur peut écarter.
Demandez donc le certificat, la mention exacte, l'organisme accrédité qui l'a délivrée et sa date de fin de validité, puis l'attestation d'assurance de responsabilité civile professionnelle. Les quatre premiers se retrouvent dans l'annuaire public tenu par le ministère chargé du logement, et l'outil de vérification de ce site interroge cette même source.
Les degrés d'anomalie, et l'interruption de la fourniture
Le rapport ne se conclut pas par un avis global. Chaque défaut relevé reçoit un degré, selon le risque qu'il fait courir, et le rapport indique pour chacun ce qu'il faut faire et dans quel délai. Un premier degré appelle une correction lors de la prochaine intervention sur l'installation ; un degré supérieur demande une réparation avant tout retour à un usage normal.
Le degré le plus élevé obéit à un autre régime. Lorsque le professionnel relève une situation qui met en danger de manière immédiate, il interrompt lui-même l'alimentation de la partie concernée, il vous le signale, et il en informe le distributeur. Ce n'est pas une sanction : c'est la seule manière de s'assurer que le logement ne reste pas alimenté avec un défaut de ce niveau.
La remise en service ne se décide pas davantage par le propriétaire. Elle suppose que le défaut ait été traité et que celui qui est intervenu l'atteste. Un vendeur qui rétablit lui-même l'alimentation après une coupure de ce type engage sa responsabilité de façon très concrète, et cela se saura le jour où quelque chose arrivera.
Pour un acquéreur ou un locataire, la lecture utile du document est donc celle des degrés, et non celle du nombre de lignes. Un rapport qui compte plusieurs observations mineures décrit une installation ancienne mais tenue ; un rapport qui n'en compte qu'une, du degré le plus élevé, décrit un logement sur lequel il faut agir avant d'emménager.
Gratuit, sans engagement, et la certification de chacun est vérifiable.
Ce constat ne dispense pas de l'entretien de la chaudière
L'entretien annuel des appareils de chauffage est une obligation distincte, qui pèse sur l'occupant ou sur le propriétaire selon le contrat, et qui donne lieu à une attestation propre. L'état que décrit cette page ne la remplace pas, ne la vaut pas et ne la mentionne pas : ce sont deux documents différents, établis par des intervenants différents, pour des raisons différentes.
L'inverse est vrai aussi, et il est plus souvent oublié : l'attestation d'entretien, même établie la semaine précédente, ne dispense pas de faire réaliser l'état de l'installation lorsque celle-ci a l'âge qui l'exige. Le chauffagiste regarde un appareil ; le professionnel certifié regarde une installation, sa ventilation et ses évacuations. Les deux se cumulent dans un dossier de vente ou de location.
Les mentions que le rapport doit établir
- Le descriptif de ce qui a été contrôlé : tuyauteries fixes, raccordements des appareils, ventilation des locaux et évacuation des produits de combustion.
- Chaque anomalie relevée, avec son degré de gravité, sa localisation et le délai dans lequel elle doit être traitée.
- L'identité du professionnel, sa mention de certification, l'organisme accrédité qui la lui a délivrée, sa date de fin de validité, et l'attestation d'assurance de responsabilité civile professionnelle.
Les repères chiffrés, avec leur texte de référence
Le seuil d'âge, et le texte qui le porte
- Quinze ansâge de l'installation intérieure au-delà duquel l'état est exigéCode de la construction et de l'habitation, article L134-9, version en vigueur du 1er juillet 2021 1er juillet 2021
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Mon installation a douze ans : dois-je faire établir cet état ?
Non, tant que l'installation intérieure n'a pas atteint quinze ans. Le seuil se compte sur l'installation elle-même, et non sur l'âge du logement ou sur celui de la chaudière : une maison ancienne dont le réseau intérieur a été entièrement refait il y a douze ans n'est pas concernée. Conservez les factures de cette réfection, car ce sont elles qui datent l'installation, et c'est au propriétaire de pouvoir le démontrer.
Mon chauffagiste peut-il faire ce constat lors de l'entretien annuel ?
Seulement s'il détient par ailleurs la mention de certification correspondante. Connaître une installation ne donne aucun droit à l'attester : le constat suppose une certification de personne, délivrée par un organisme accrédité, avec un numéro et une date de fin de validité. Demandez ces éléments avant la visite. Un rapport établi hors certification est contestable par l'acquéreur ou le locataire, et il ne tiendra pas dans le dossier remis au notaire.
Le professionnel a coupé le gaz : que se passe-t-il maintenant ?
Une interruption de ce type suit le constat d'un danger immédiat, et elle s'accompagne d'une information du distributeur. La suite ne dépend pas de vous seul : le défaut doit être traité par un intervenant compétent, et le rétablissement suppose que la correction soit attestée. Rétablir l'alimentation sans cela vous rendrait responsable de ce qui suivrait. Prévenez l'acquéreur ou le locataire, et joignez au dossier la preuve des travaux effectués.
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