
Louer : le dossier à annexer au bail et qui l'établit
Mettre un logement en location suppose de remettre au locataire un dossier de constats, annexé au contrat le jour de la signature. Il ne se confond pas avec celui d'une vente : deux pièces y sont propres au bail, une autre y obéit à une règle particulière, et plusieurs constats du dossier de vente n'y figurent pas. Cette page donne la vue d'ensemble, pièce par pièce, avec le texte qui la fonde et la mention de certification exigée de celui qui l'établit.
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Ce que le bail annexe, et à quel titre
- Le diagnostic de performance énergétiqueObligatoireLa mise en location ouvre l'obligation. La date jusqu'à laquelle il vaut est inscrite sur le document remis. Un changement de mode de chauffage ou une isolation posée entre deux baux le rendent inexact avant son terme, et c'est le locataire suivant qui s'en prévaudra.Code de la construction et de l'habitation, article L126-26, version en vigueur du 25 août 2021 ; Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3, version en vigueur du 1er janvier 2023
- Le mesurage de la surface habitableObligatoireLa surface habitable figure au contrat de location. Le mesurage ne porte pas d'échéance : il vaut tant que le logement n'a pas changé. Une pièce créée, une cloison abattue ou une annexe rattachée au bail obligent à le reprendre avant la signature suivante.Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3, version en vigueur du 1er janvier 2022 ; Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3, version en vigueur du 1er janvier 2023
- Le dossier amiante du propriétaireÀ confirmerLa nature du bien n'est pas renseignée, et la règle en dépend. Le dossier tenu par le propriétaire n'est pas figé : il se complète à chaque intervention sur les matériaux repérés et à chaque évaluation de leur état de conservation. C'est un document vivant, pas un rapport à ranger.Code de la santé publique, article R1334-29-4, version en vigueur du 1er juillet 2021 ; Code de la santé publique, article R1334-29-5, version en vigueur du 1er juillet 2021
- Le constat de risque d'exposition au plombÀ confirmerL'âge du bâti n'est pas renseigné, et c'est lui qui ouvre ou ferme le repérage. L'échéance dépend du résultat consigné. Le constat remis au locataire perd sa portée dès que les revêtements qu'il a décrits sont recouverts, décapés, ou dégradés par un dégât des eaux survenu en cours de bail.Code de la santé publique, article L1334-7, version en vigueur du 28 janvier 2016 ; Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3, version en vigueur du 1er janvier 2023
- L'état de l'installation intérieure de gazÀ confirmerL'âge de l'installation n'est pas renseigné. L'attestation porte sa date de fin de validité. Elle ne survit ni au remplacement d'un appareil, ni à la modification d'un conduit, ni à la remise en service d'une installation qui avait été coupée entre deux locataires.Code de la construction et de l'habitation, article L134-9, version en vigueur du 1er juillet 2021 ; Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3, version en vigueur du 1er janvier 2023
- L'état de l'installation intérieure d'électricitéÀ confirmerL'âge de l'installation n'est pas renseigné. La validité s'arrête à la date portée sur le rapport, et plus tôt si l'installation a été reprise depuis : un tableau remplacé entre deux locataires appelle un constat neuf, pas une copie de l'ancien.Code de la construction et de l'habitation, article L134-7, version en vigueur du 1er juillet 2021 ; Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3, version en vigueur du 1er janvier 2023
- L'état des risques et pollutionsÀ confirmerLe zonage se lit à l'échelle de la commune, et la pièce est retenue. Il est daté du jour de son établissement et il suit le zonage en vigueur ce jour-là. Un arrêté qui modifie le périmètre d'un plan de prévention ou l'information sur les sols le prive de sa valeur avant la signature.Code de l'environnement, article L125-5, version en vigueur du 1er janvier 2025 ; Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3, version en vigueur du 1er janvier 2023
Ce que la classe du logement autorise, et depuis quand
Avant de commander quoi que ce soit, un bailleur doit savoir si son logement peut encore être loué. La loi ne dit pas qu'une classe est interdite : elle dit qu'un logement décent se situe entre A et F depuis le 1er janvier 2025, entre A et E à compter du 1er janvier 2028, entre A et D à compter du 1er janvier 2034, puis que ceux qui n'y répondent pas aux échéances sont considérés comme non décents. L'effet est celui que tout le monde résume par une interdiction, et il est acquis depuis plus d'un an et demi pour la classe G.
Concrètement, un logement classé G ne peut plus être proposé à la location en métropole depuis le 1er janvier 2025 ; la classe F le rejoindra en 2028 et la classe E en 2034. Le texte fixe des dates et ne distingue pas selon l'ancienneté du bail. En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, le calendrier est distinct et plus tardif, avec une échéance en 2028 puis en 2031, et il ne comporte pas de troisième palier.
Deux séries de situations échappent à cette mécanique, et elles sont limitativement définies : celles où des travaux feraient courir un risque de pathologie du bâti, et celles où l'autorisation administrative nécessaire a été refusée au titre du patrimoine, de l'environnement ou de l'urbanisme. Elles se prouvent.
La conséquence pratique tient en une phrase : le diagnostic de performance énergétique se commande AVANT les autres pièces, parce que son résultat décide si l'opération est possible. Le découvrir après avoir trouvé un candidat, c'est payer deux fois pour apprendre ce qu'une visite aurait dit d'emblée.
Le dossier du bail n'est pas celui de la vente
Deux pièces sont propres à la location et n'existent pas au dossier d'une vente : le mesurage de la surface habitable, qui se reporte au contrat, et le constat de plomb dans sa version destinée au locataire. À l'inverse, le mesurage de la superficie privative d'un lot de copropriété, l'état relatif aux termites et la recherche de mérule appartiennent au dossier de vente et ne se remettent pas à un locataire.
Cette différence change ce qu'un propriétaire commande. Reprendre tel quel le dossier d'une vente qui n'a pas abouti conduit à annexer au bail des pièces inutiles et à en oublier une. Le sens de lecture est l'inverse : partir de ce que le contrat de location exige, puis vérifier ce dont on dispose.
Un point commun demeure, et il est décisif. Comme à la vente, un constat annexé n'a de valeur que si celui qui l'a établi était certifié pour la mention correspondante le jour de sa visite. Un locataire peut contester un document signé hors certification, et le propriétaire ne pourra pas se retrancher derrière une pièce que la loi ne reconnaît pas.
Deux dossiers amiante, et aucun état à annexer
C'est la différence la plus mal connue entre la vente et la location. La loi a prévu qu'un état mentionnant la présence ou l'absence d'amiante soit remis au locataire, mais le décret qui devait en fixer le contenu et les modalités n'a jamais été publié. Faute de ce texte d'application, aucun état amiante n'est aujourd'hui exigible à la signature d'un bail, et un propriétaire n'a pas à en produire un.
Cela ne veut pas dire que l'amiante ne concerne pas la location. Le propriétaire d'un lot d'immeuble collectif d'habitation tient un dossier amiante des parties privatives ; le propriétaire d'un immeuble autre que d'habitation tient un dossier technique amiante. Ces deux dossiers existent indépendamment de toute mise en location, ils se constituent une fois et se complètent ensuite, et le locataire peut demander à les consulter.
Un propriétaire qui ignore de quel dossier il relève commence donc par identifier la nature de l'immeuble, puis fait établir le repérage correspondant par un professionnel certifié pour la mention amiante. Le document n'est pas annexé au bail : il est tenu à disposition, comme une obligation permanente.
Gratuit, sans engagement, et la certification de chacun est vérifiable.
Chez un locataire, la mention de certification qui compte
Les constats du dossier locatif relèvent de mentions de certification distinctes, délivrées après examen par des organismes accrédités par le Comité français d'accréditation. Un professionnel certifié pour l'énergie ne l'est pas d'office pour le plomb ou pour les installations, et la mention énergie du logement individuel ne couvre pas l'immeuble entier. Le certificat, son numéro et sa date de fin de validité se demandent avant le rendez-vous.
Une précaution est propre à la location : la visite se fait souvent dans un logement occupé, avec des délais courts entre l'état des lieux de sortie et l'entrée suivante. Un professionnel certifié écrit dans son rapport ce qu'il n'a pas pu examiner faute d'accès, et cette réserve vaut mieux qu'un document qui laisse croire à un relevé complet.
Mentionner la surface habitable, et choisir de la faire mesurer
La surface habitable figure au contrat de location : c'est une mention obligatoire du bail. La loi impose que le chiffre soit porté, elle n'impose pas qu'un professionnel l'ait relevé. Un propriétaire peut donc mesurer lui-même, à condition d'appliquer la définition légale, qui retire les combles non aménagés, les caves, les garages, les terrasses et les parties dont la hauteur sous plafond est insuffisante.
Le calcul se trompe plus souvent qu'on ne le croit, et l'erreur a un coût : un locataire qui constate un écart significatif entre la surface annoncée et la surface réelle peut demander une diminution du loyer. Faire établir le mesurage n'est pas une obligation, c'est une garantie.
De la décision de louer à la remise des clés
- La décision de louer une fois priseLe constat énergétique se commande en premier, parce que son résultat décide si l'opération est possible : un logement classé G ne peut plus être loué en métropole depuis le 1er janvier 2025, et la classe F le rejoindra le 1er janvier 2028. Connaître l'étiquette avant d'engager quoi que ce soit laisse le choix entre des travaux et un autre projet, plutôt que de découvrir l'obstacle une fois le locataire trouvé.
- Avant de publier l'annonceL'annonce de location porte les deux étiquettes du constat énergétique, la surface habitable et le montant du loyer dans les formes exigées. C'est aussi le moment de réunir les autres pièces, en particulier l'état des risques. Une annonce publiée sans les étiquettes expose l'annonceur.
- À la signature du bailLe dossier complet est annexé au contrat, en même temps que la notice d'information et, en copropriété, les extraits du règlement. Le locataire signe le contrat et ses annexes ; c'est cette signature qui établit ce qui lui a été communiqué. Une pièce remise après coup ne produit pas le même effet, et un dossier incomplet se retourne contre le bailleur en cas de litige.
- À la remise des clésL'état des lieux d'entrée se fait avec le dossier sous la main : il permet de rapprocher ce que les constats décrivent et ce que les deux parties observent, notamment sur les revêtements dégradés et l'installation électrique. Le locataire peut aussi demander à consulter le dossier amiante du propriétaire.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Puis-je encore louer un logement classé G ?
Non, plus en métropole : depuis le 1er janvier 2025, un logement décent se situe entre la classe A et la classe F, et ceux qui n'y répondent pas sont considérés comme non décents. La classe F suit en 2028, la classe E en 2034, et le calendrier d'outre-mer est plus tardif. Deux séries d'exceptions existent, tenant au risque de pathologie du bâti et au refus d'une autorisation administrative. Références : Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 6, version en vigueur du 1er janvier 2025 ; Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, article 160 ; Décret n° 2023-796 du 18 août 2023.
Un état amiante doit-il être remis au locataire ?
Non. La loi a prévu qu'un état mentionnant la présence ou l'absence d'amiante soit remis au locataire, mais le décret qui devait en fixer le contenu n'a jamais été publié. Aucun état amiante n'est donc exigible à la signature d'un bail. Le propriétaire tient en revanche un dossier amiante, dont la nature dépend de l'immeuble, et le locataire peut demander à le consulter.
Le propriétaire peut-il mesurer lui-même la surface habitable ?
Oui. La loi impose que la surface habitable figure au contrat de location, elle n'impose pas qu'un professionnel l'ait relevée. Le calcul obéit toutefois à une définition légale précise, qui exclut notamment les caves, les garages, les terrasses et les parties de hauteur insuffisante. Une erreur significative permet au locataire de demander une diminution du loyer, ce qui rend le mesurage par un professionnel prudent plutôt qu'obligatoire.
Le dossier constitué pour une vente peut-il servir pour une location ?
En partie seulement. Le constat énergétique et les états d'installation peuvent servir tant qu'ils sont dans leur validité, mais le dossier locatif exige la surface habitable, que la vente ne demande pas, et il n'exige pas plusieurs pièces propres à la vente comme le mesurage de la superficie privative ou l'état relatif aux termites. Le plus sûr est de partir de la liste du bail, puis de vérifier ce dont on dispose.
Que se passe-t-il si une pièce manque à l'annexe du bail ?
Le bail reste valable, mais le bailleur perd le bénéfice de l'information donnée : le locataire peut se prévaloir de l'absence de la pièce en cas de litige, notamment sur la performance énergétique ou sur l'état des revêtements. Selon la pièce en cause, le juge peut ordonner sa remise, réduire le loyer ou retenir la responsabilité du bailleur pour un dommage qu'elle aurait permis d'éviter.
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