Double porte ancienne aux gonds rouillés et à la peinture usée

Le constat de risque d'exposition au plomb

Il porte sur les revêtements, pas sur l'eau ni sur les canalisations, et il ne concerne que les logements anciens. Sa particularité est qu'il ne se contente pas d'informer : selon le degré de dégradation qu'il relève, il oblige le propriétaire à faire réaliser des travaux, et il est transmis aux services de l'État. Voici quelle certification la loi exige de celui qui l'établit, ce que ses conclusions déclenchent, et ce qu'un vendeur comme un bailleur doit en attendre.

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Jusqu'à quand il vaut, pour une vente
Un an
Un an, compté par rapport à la date de la promesse ou de celle de l'acte, et non par rapport au jour où le rapport a été commandé. Le texte réserve le cas prévu au troisième alinéa de l'article L271-5 du même code, que la conclusion du constat vous dira de regarder. Le document ne tient pas non plus jusqu'à cette date en toute circonstance : des travaux sur les revêtements, une dégradation apparue depuis la visite ou un changement d'occupation appellent un nouveau constat. Code de la construction et de l'habitation, article D271-5, version en vigueur du 1er septembre 2019.
Qui a le droit de l'établir
Un diagnostiqueur titulaire de la mention de certification plomb
La mesure suppose un appareil à source radioactive scellée, dont la détention relève d'une autorisation propre et de contrôles périodiques. La mention de certification et cette autorisation sont deux choses différentes, et l'une ne dispense pas de l'autre.

Ce que le droit exige, selon l'opération

  • À la venteÀ confirmerL'âge du bâti n'est pas renseigné, et c'est lui qui ouvre ou ferme le repérage.Code de la santé publique, article L1334-6, version en vigueur du 28 janvier 2016 ; Code de la construction et de l'habitation, article L271-4, version en vigueur du 11 avril 2024
  • À la locationÀ confirmerL'âge du bâti n'est pas renseigné, et c'est lui qui ouvre ou ferme le repérage.Code de la santé publique, article L1334-7, version en vigueur du 28 janvier 2016 ; Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-3, version en vigueur du 1er janvier 2023
  • Avant travauxNon exigéCette opération n'appelle pas cette pièce.Code de la santé publique, article L1334-6, version en vigueur du 28 janvier 2016

Le constat de risque d'exposition au plomb recherche ce métal dans les revêtements d'un logement : peintures, enduits et couches anciennes déposées sur les murs, les plafonds, les menuiseries et les huisseries. La mesure se fait unité par unité, sans dégrader, au moyen d'un appareil qui lit la composition du revêtement à travers les couches successives.

Il n'est pas un constat de présence. Ce qu'il apprécie, au-delà de la concentration mesurée, c'est l'état de conservation du revêtement qui porte le plomb : intact, en état d'usage, ou dégradé. Un plomb enfermé sous une peinture saine ne présente pas le même risque qu'un plomb sous une peinture qui s'écaille, et c'est cette différence que le rapport traduit en classes.

Ce qu'il engage est plus lourd que pour la plupart des autres constats. Lorsque des revêtements dégradés sont relevés, le propriétaire fait procéder aux travaux qui suppriment le risque, le rapport est transmis aux services de l'État, et une notice d'information est remise aux occupants. Le document n'informe donc pas seulement un acquéreur ou un locataire : il ouvre des obligations.

Le seuil de 1949, et ce qu'il recouvre réellement

Le constat est exigé dans les immeubles d'habitation construits avant le 1er janvier 1949. La date n'est pas arbitraire : c'est autour d'elle que l'emploi de la céruse dans les peintures d'intérieur a cessé, et ce sont ces revêtements anciens que la mesure va chercher sous les couches plus récentes.

Le seuil se lit sur la construction du bâtiment, pas sur la date des peintures. Un logement de 1930 repeint dix fois depuis reste dans le champ, précisément parce que les couches anciennes subsistent sous les nouvelles et ressortent dès qu'un revêtement s'écaille ou qu'une menuiserie est poncée. C'est cette superposition qui rend le risque concret, et c'est elle que l'appareil traverse.

Pour un bâtiment dont la date de construction est incertaine, l'acte de propriété, le cadastre et les archives communales permettent en général de trancher. Tant que la question reste ouverte, la pièce se prépare : elle est de celles que le notaire réclamera, et son absence retarde une signature bien plus sûrement qu'un rendez-vous pris à temps.

Le certificat que doit produire celui qui vient mesurer

Le constat se fait par un professionnel certifié pour le plomb, et cette mention est propre : elle ne se déduit ni de la certification énergétique, ni de celle qui autorise le repérage amiante. L'annuaire public tenu par le ministère chargé du logement les distingue une à une, avec pour chacune un organisme accrédité et une date de fin de validité.

Le matériel compte ici plus qu'ailleurs. La mesure se fait au moyen d'un appareil à fluorescence X, qui contient une source radioactive scellée. Sa détention relève d'un régime d'autorisation particulier, et l'appareil fait l'objet de contrôles périodiques. Un professionnel sérieux sait dire quel appareil il utilise et sous quelle autorisation il l'emploie, et cela ne se demande pas au moment de la visite.

Ce que vous pouvez demander avant le rendez-vous tient donc en cinq points : le certificat, la mention plomb qui y figure, l'organisme accrédité qui l'a délivrée, la date au-delà de laquelle elle ne vaut plus, et l'attestation d'assurance de responsabilité civile professionnelle. Les quatre premiers se retrouvent dans l'annuaire public, et l'outil de vérification de ce site interroge cette même source.

Le professionnel qui établit le constat n'a aucun lien avec vous, avec votre mandataire ou avec une entreprise susceptible de réaliser les travaux qu'il préconise. Sur ce constat en particulier, l'indépendance n'a rien de théorique : ses conclusions peuvent ouvrir un chantier, et celui qui les écrit ne doit pas être celui qui en vivra.

Des classes de dégradation aux obligations du propriétaire

Le professionnel ne se contente pas de dire si le plomb est présent. Il mesure sa concentration unité par unité, puis il apprécie l'état du revêtement qui le porte, et il classe : revêtement non dégradé, revêtement en état d'usage, revêtement dégradé. C'est ce classement, et non la seule présence, qui commande la suite.

Lorsque des revêtements dégradés sont relevés, le propriétaire fait procéder aux travaux qui suppriment le risque d'exposition, et il ne s'agit pas d'une recommandation. Le rapport est en outre transmis aux services de l'État, qui peuvent intervenir si rien ne se passe. Un vendeur qui découvre ces conclusions la veille de la signature découvre en même temps un chantier, ce qui suffit à justifier de commander le constat tôt.

Le rapport comporte aussi une notice d'information destinée aux occupants, qui explique les gestes à éviter : poncer, gratter, laisser un enfant approcher un revêtement qui s'écaille. Cette notice n'est pas un ornement administratif. C'est la partie du document qui protège réellement, et elle se remet avec le reste, y compris à un locataire en place.

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Habitation seulement : les locaux que le texte laisse dehors

Le constat vise les immeubles à usage d'habitation. Un local professionnel, un commerce, un entrepôt, un bureau n'entrent pas dans ce champ, même bâtis bien avant le seuil et même si leurs peintures anciennes contiennent du plomb. Ce n'est pas une lacune du texte : la protection visée est celle des occupants d'un logement, et en particulier des enfants.

La frontière se complique dans les biens mixtes, où un logement surmonte un local, et dans les locaux transformés en habitation. La partie affectée à l'habitation est concernée, l'autre non, et c'est le professionnel qui délimite dans son rapport le périmètre examiné. Lisez cette délimitation : elle dit ce que le document couvre, et donc ce qu'il ne couvre pas.

Vendre ou louer : deux régimes pour un même constat

À la vente, le constat est annexé à la promesse ou à l'acte et remis à l'acquéreur. À la location, il est annexé au contrat, remis au locataire à la signature, et renouvelé selon des règles qui ne sont pas celles de la vente. La méthode de mesure est la même dans les deux cas ; la durée pendant laquelle le document reste utilisable ne l'est pas.

Un propriétaire qui vend un bien puis en loue un autre ne peut donc pas réutiliser mécaniquement le même document d'un dossier à l'autre. La date d'échéance qui figure sur le rapport est celle de l'usage pour lequel il a été établi, et c'est elle qu'il faut lire avant de joindre la pièce à un contrat.

Le contenu attendu du constat

  • Le relevé unité par unité des revêtements mesurés, avec la concentration constatée pour chacun.
  • L'appréciation de l'état de conservation de chaque revêtement contenant du plomb, et la classe qui en découle.
  • La délimitation des locaux examinés et de ceux qui ne l'ont pas été, avec le motif de la limite.
  • L'identité du professionnel, sa mention de certification, l'organisme accrédité qui la lui a délivrée, sa date de fin de validité, et l'attestation d'assurance de responsabilité civile professionnelle.

Les repères chiffrés, avec leur texte de référence

Le seuil de date, et les textes qui le portent

  • 1er janvier 1949date de construction en deçà de laquelle le constat est exigéCode de la santé publique, article L1334-6, version en vigueur du 28 janvier 2016 ; Code de la santé publique, article L1334-7, version en vigueur du 28 janvier 2016 28 janvier 2016

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Mon logement date de 1955 : le constat est-il exigé ?

Non. Le constat de risque d'exposition au plomb ne vise que les immeubles d'habitation construits avant le 1er janvier 1949. Un logement bâti après cette date en est dispensé, quelle que soit l'ancienneté de ses peintures. Si la date de construction est incertaine, l'acte de propriété, le cadastre ou les archives de la commune permettent de la retrouver, et c'est cette date qui tranche, pas l'apparence du bâtiment.

Le constat porte-t-il sur l'eau du robinet ?

Non. Ce constat porte sur les revêtements : peintures, enduits et couches anciennes déposées sur les murs, les plafonds, les menuiseries et les huisseries. Le plomb présent dans des canalisations d'alimentation relève d'un autre sujet, qui ne fait pas partie du dossier remis à l'acquéreur ou au locataire, et qui se traite avec le gestionnaire du réseau ou un plombier. Les deux questions portent le même mot et ne se répondent pas ensemble.

Que dois-je faire si le rapport conclut à des revêtements dégradés ?

Vous faites procéder aux travaux qui suppriment le risque d'exposition. Ce n'est pas une recommandation : la conclusion s'impose au propriétaire, et le rapport est transmis aux services de l'État, qui peuvent intervenir. Remettez également aux occupants la notice d'information jointe au constat, qui indique les gestes à éviter en attendant l'intervention. Prévenir l'acquéreur ou le locataire de ce qui est engagé évite que la découverte se fasse après la signature.

Le professionnel qui a fait mon diagnostic énergétique peut-il faire ce constat ?

Seulement s'il détient aussi la mention de certification plomb. Les mentions sont distinctes, délivrées séparément par des organismes accrédités, et chacune porte sa propre date de fin de validité. Beaucoup de professionnels en cumulent plusieurs, ce qui permet de tout relever en une visite ; d'autres non. Demandez le certificat et lisez la mention qui y figure, plutôt que de supposer qu'une certification en emporte une autre.

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