
Le repérage des matériaux amiantés
Trois documents portent le même mot et ne se confondent pas : le constat remis à l'acquéreur, le dossier tenu par le propriétaire d'un lot ou d'un immeuble, et le repérage exigé avant une opération de travaux. Ils n'ont ni le même objet, ni le même destinataire, ni la même mention de certification. Voici lequel s'applique à votre situation, ce que la loi exige de celui qui l'établit, et ce qu'un bailleur croit souvent devoir fournir sans que le texte le lui demande.
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- Jusqu'à quand il vaut
- Aucune durée légale
- Aucun texte ne lui donne de terme, et l'absence de terme se déduit de ce silence plutôt qu'elle ne se lit dans une disposition. Elle est en outre bornée : la méthode de repérage a changé le 1er avril 2013, date à partir de laquelle l'état se conforme à l'arrêté en vigueur, et un rapport plus ancien est donc à refaire. Un constat qui conclut à la présence de matériaux appelle par ailleurs un contrôle périodique de leur état, qui est une autre échéance et se lit sur le même rapport. Un repérage perd de toute façon son utilité dès que le bâtiment change : des travaux ont ouvert des parois, un matériau sous surveillance s'est dégradé, une opération nouvelle est projetée sur une zone qui n'avait pas été examinée. Arrêté du 12 décembre 2012, article 8.
- Qui a le droit de l'établir
- Un diagnostiqueur certifié pour l'amiante, avec la mention qui correspond à l'objet du repérage
- Le repérage préalable à des travaux relève d'une mention distincte de celle du constat de vente. Dites au professionnel ce que vous projetez avant de convenir d'un rendez-vous : c'est ce qui détermine la mention qu'il doit détenir.
Ce que le droit exige, selon l'opération
- À la venteÀ confirmerL'âge du bâti n'est pas renseigné, et c'est lui qui ouvre ou ferme le repérage.Code de la santé publique, article L1334-13, version en vigueur du 28 janvier 2016 ; Code de la santé publique, article R1334-14, version en vigueur du 1er février 2012 ; Code de la construction et de l'habitation, article L271-4, version en vigueur du 11 avril 2024
- À la locationÀ confirmerLa nature du bien n'est pas renseignée, et la règle en dépend.Code de la santé publique, article R1334-29-4, version en vigueur du 1er juillet 2021 ; Code de la santé publique, article R1334-29-5, version en vigueur du 1er juillet 2021
- Avant travauxSelon le casLe repérage naît de l'opération de travaux et pèse sur le donneur d'ordre, pas sur le propriétaire.Code du travail, article R4412-97, version en vigueur du 31 mars 2019
Le repérage amiante consiste à rechercher, dans un bâtiment, les matériaux et produits qui contiennent de l'amiante, à décrire leur état de conservation, et à en tirer des conclusions qui s'imposent. Il ne se limite pas à un avis : chaque matériau repéré reçoit un classement, et ce classement déclenche une suite, qui va de la surveillance périodique aux travaux de retrait.
Ce n'est pas un document unique. Sous le même mot vivent trois pièces distinctes, qui n'ont ni le même destinataire ni le même déclencheur : le constat établi pour une vente, le dossier que tient le propriétaire d'un lot ou d'un immeuble, et le repérage qui précède une opération de travaux. Les confondre est l'erreur la plus fréquente sur ce sujet, et elle se paie de deux façons : fournir une pièce qui n'était pas due, ou démarrer un chantier sans celle qui l'était.
Ce que l'ensemble engage tient en une phrase : le propriétaire répond de ce qu'il savait, et le rapport est la preuve de ce qu'il savait. Un vendeur qui n'a pas annexé le constat ne peut plus se prévaloir de la clause qui l'exonère des vices cachés sur ce point ; un donneur d'ordre qui n'a pas fait établir le repérage avant travaux répond de l'exposition de ceux qui sont intervenus.
Le seuil porte sur le permis de construire, pas sur l'achèvement
La règle se lit à l'envers de ce que l'on croit. Le repérage n'est plus exigé lorsque le permis de construire a été délivré à compter du 1er juillet 1997. Autrement dit, tout ce qui a été autorisé avant cette date reste dans le champ, quelle que soit l'année où le chantier s'est achevé, et c'est le permis qui fait foi, jamais la fin des travaux.
L'écart entre les deux dates est courant, et il se compte parfois en années. Une maison dont le permis date de 1996 et qui a été livrée en 1999 est concernée. L'inverse vaut aussi : un logement autorisé après le seuil ne l'est pas, même si le voisin, autorisé six mois plus tôt, l'est. La preuve se trouve sur l'arrêté de permis, dans l'acte notarié, ou auprès du service urbanisme de la mairie.
Quand la date du permis reste introuvable, la prudence commande de faire établir le constat plutôt que de s'en dispenser sur une supposition. Un vendeur qui a écarté la pièce en se fiant à l'année de construction affichée sur une annonce ancienne se retrouve, le jour d'une découverte, dans la position la moins confortable qui soit.
Vérifier la mention avant de laisser entrer quelqu'un
Le repérage se fait par un professionnel certifié, et la mention n'est pas la même selon ce qu'il vient chercher. L'annuaire public tenu par le ministère chargé du logement distingue les mentions amiante de celles qui portent sur l'énergie, le plomb ou les installations : une certification n'est jamais générale, elle porte sur un domaine précis, et elle porte une date de fin de validité.
À l'intérieur même de l'amiante, la distinction se poursuit. Le repérage destiné à une vente et celui qui précède une opération de travaux ne demandent pas la même mention : le second suppose une compétence supplémentaire, parce qu'il conditionne la protection de ceux qui interviendront ensuite sur le chantier. Un professionnel certifié pour l'un ne l'est pas nécessairement pour l'autre, et il vous le dira si vous lui posez la question avant de fixer la date.
La vérification tient en quatre éléments : le nom porté sur le certificat, la mention exacte, l'organisme accrédité qui l'a délivrée, et la date au-delà de laquelle elle ne vaut plus. Les mêmes informations figurent dans l'annuaire public, et l'outil de vérification de ce site interroge cette source. Elles se demandent avant le rendez-vous, pas au moment de régler la prestation.
Ajoutez l'attestation d'assurance de responsabilité civile professionnelle. Un repérage amiante engage lourdement celui qui le signe : un matériau manqué devient un chantier arrêté, une dépose sans protection, parfois une exposition. L'assurance n'est pas une formalité de dossier, c'est ce qui répond quand quelque chose a été manqué.
Le constat remis à l'acquéreur
À la vente d'un bien dont le permis est antérieur au seuil, le vendeur fait établir un constat portant sur les matériaux et produits accessibles sans travaux destructifs. Le document est annexé à la promesse ou à l'acte et remis à l'acquéreur : c'est l'absence de cette pièce, et non la présence d'amiante, qui prive le vendeur de la clause qui l'exonère des vices cachés sur ce point.
Ce que le constat couvre est délimité : ce qui se voit et s'atteint. Les matériaux enfermés dans les parois, sous une chape ou derrière un doublage ne sont pas recherchés à ce stade, et le rapport doit dire ce qu'il n'a pas pu examiner. Un constat qui ne mentionne aucune limite d'accès sur un bâtiment ancien mérite une question au professionnel qui l'a signé.
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L'absence de décret, et ce qu'un bailleur doit malgré tout tenir
Le texte qui organise le dossier annexé au bail prévoit bien une pièce relative à l'amiante. Elle n'est pas exigible aujourd'hui : le décret qui devait fixer les modalités de cette communication n'a jamais été publié. Il n'existe donc pas d'état amiante qu'un candidat locataire puisse réclamer au titre du bail, et un bailleur à qui l'on en réclame un peut le dire.
Ce qui existe est autre chose, et cela ne dépend pas du contrat de location. Le propriétaire d'un lot dans un immeuble collectif d'habitation constitue et tient à jour un dossier amiante des parties privatives. Le propriétaire d'un immeuble qui n'est pas à usage d'habitation tient, lui, un dossier technique amiante. Ces dossiers sont dus au titre du bâtiment, ils se communiquent à qui en fait la demande, occupant compris, et ils ne s'éteignent pas à la manière d'un constat de vente.
Reste le cas le plus mal compris : la maison individuelle louée. Elle ne relève ni du dossier des parties privatives, qui suppose un immeuble collectif, ni du dossier technique amiante, qui suppose un immeuble autre que d'habitation. Aucune des trois pièces n'est donc due, ce qui n'empêche pas un bailleur avisé de faire établir un repérage avant de louer un bâti ancien, simplement pour savoir ce qu'il loue.
Avant une opération de travaux, un repérage d'une autre nature
Dès qu'une opération est projetée sur un bâti susceptible de contenir de l'amiante, un repérage préalable s'impose, et il ne naît pas de la propriété : il naît de l'opération, et il pèse sur celui qui la commande. Un propriétaire qui fait refaire une toiture, un syndic qui lance un ravalement, une entreprise qui intervient pour le compte d'un tiers sont, chacun dans son cas, donneur d'ordre.
Son objet diffère de celui du constat de vente : il ne s'agit plus de renseigner un acquéreur, mais de protéger ceux qui vont intervenir. Le repérage va donc chercher plus loin, y compris de manière destructive lorsque c'est nécessaire, dans le périmètre exact des travaux prévus. Un constat de vente, même établi il y a peu, ne le remplace pas, et l'entreprise qui accepte de démarrer sans lui prend un risque qu'aucune économie ne justifie.
Le rapport ne clôt pas l'affaire
Un repérage qui conclut à l'absence de matériaux amiantés accessibles ferme le sujet pour l'usage prévu, et rien de plus. Il ne dit pas que le bâtiment n'en contient pas : il dit que rien n'a été trouvé dans ce qui a été examiné, et le rapport liste ce qui ne l'a pas été.
Un repérage qui trouve quelque chose ouvre au contraire une obligation de suivi. Selon le matériau et son état de conservation, le rapport conclut à une surveillance périodique, à une analyse complémentaire, ou à des travaux de retrait ou de confinement. Ces conclusions ne sont pas des conseils : elles s'imposent au propriétaire, avec des délais, et elles se justifient si on les lui demande.
L'état de conservation se réévalue dans le temps. Un matériau jugé en bon état lors d'un repérage ancien a pu se dégrader, et c'est la raison pour laquelle un rapport concluant à une surveillance n'est pas une pièce que l'on classe : c'est une consigne, et il faut pouvoir montrer qu'elle a été suivie.
Transmettez enfin le rapport à toute personne qui intervient dans le bâtiment : entreprise, artisan, syndic. C'est une obligation qui pèse sur le propriétaire, et c'est, dans les faits, ce qui évite qu'un ouvrier perce un faux plafond sans savoir ce qu'il y a derrière.
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Le contenu exigible du rapport de repérage
- La liste des matériaux et produits recherchés, et pour chacun ce qui a été constaté sur place.
- Les locaux et parties d'ouvrage qui n'ont pas pu être examinés, avec le motif de cette limite.
- L'état de conservation de chaque matériau repéré, et le classement qui en découle.
- Les conclusions qui s'imposent au propriétaire : surveillance périodique, analyse complémentaire, ou travaux de retrait ou de confinement, avec leur délai.
- L'identité du professionnel, sa mention de certification, l'organisme accrédité qui la lui a délivrée, sa date de fin de validité, et l'attestation d'assurance de responsabilité civile professionnelle.
Les repères chiffrés, avec leur texte de référence
Le seuil de date, et le texte qui le porte
- 1er juillet 1997date de délivrance du permis de construire au-delà de laquelle le repérage n'est plus exigéCode de la santé publique, article R1334-14, version en vigueur du 1er février 2012 1er février 2012
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Mon logement a été construit en 1998 : le repérage est-il exigé ?
Cela dépend de la date du permis de construire, pas de l'année d'achèvement. Le repérage n'est plus exigé lorsque le permis a été délivré à compter du 1er juillet 1997 ; un bâtiment achevé en 1998 mais autorisé en 1996 reste donc dans le champ. La date figure sur l'arrêté de permis, souvent reprise dans l'acte notarié, et le service urbanisme de la mairie la retrouve. En cas de doute, faire établir le constat évite bien des difficultés.
Mon locataire me réclame un état amiante : dois-je le fournir ?
Pas au titre du bail. La loi prévoit une pièce relative à l'amiante dans le dossier annexé au contrat de location, mais le décret qui devait en fixer les modalités n'a jamais été publié : cet état n'est donc pas exigible. Ce qui peut l'être est différent. Si le logement est un lot d'immeuble collectif d'habitation, vous tenez un dossier amiante des parties privatives et vous le communiquez à qui le demande. Pour une maison individuelle, aucune de ces pièces n'est due.
Un constat établi pour la vente suffit-il avant des travaux ?
Non. Les deux repérages n'ont ni le même objet ni le même périmètre. Celui de la vente porte sur ce qui est accessible sans dégrader, pour informer l'acquéreur. Celui qui précède des travaux porte sur la zone exactement concernée par l'opération, va chercher derrière les revêtements quand il le faut, et sert à protéger les intervenants. Il suppose en outre une mention de certification différente. Une entreprise qui démarre sur la foi d'un constat de vente travaille sans la pièce que la loi exige.
Comment vérifier que le professionnel porte la bonne mention amiante ?
Demandez son certificat avant la visite, et lisez la mention exacte qui y figure, l'organisme accrédité qui l'a délivrée et la date de fin de validité. Précisez-lui ce que vous voulez faire, une vente ou des travaux : les deux ne relèvent pas de la même mention, et un professionnel certifié pour l'une vous dira s'il ne l'est pas pour l'autre. Les mêmes informations se retrouvent dans l'annuaire public tenu par le ministère chargé du logement.
Que se passe-t-il si le repérage trouve de l'amiante ?
La vente n'est pas empêchée, et aucun retrait n'est imposé du seul fait de la présence. Le rapport classe le matériau selon son état de conservation, et c'est ce classement qui commande la suite : une surveillance périodique, une analyse complémentaire, ou des travaux de retrait ou de confinement, chacun avec son délai. Ces conclusions s'imposent au propriétaire. Elles se transmettent avec le rapport à l'acquéreur, qui saura ainsi ce qu'il reprend.
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